ALABAMA MOON

TITRE: “ALABAMA MOON”

AUTEUR: WATT KEY

“Juste avant de mourir, Pap m’a assuré qu’il ne m’arriverait rien tant que je ne dépendrais de personne. […] J’avais dix ans, et il m’avait tout appris ce qu’il fallait pour vivre dans la forêt. Je savais poser des pièges pour me nourrir et confectionner moi-même mes vêtements. Je savais me guider aux étoiles et faire du feu quand il pleuvait. Pap me pensait même capable de battre à plates coutures quelqu’un de trois fois ma taille. Il ne s’inquiétait pas pour moi.”

Eh bien, mes chers amis, je viens tout juste de terminer la lecture d’un roman qui m’a beaucoup ému! Et oui! Bébé Nicholas a encore pleuré… 3 fois! C’est sans contredits un des meilleurs romans de littérature jeunesse que j’ai lu de ma vie!

Moon a grandi avec son père dans la forêt, sans contact ou presque avec le monde extérieur. Le père de Moon déteste le gouvernement, le fuit même, et ce, depuis son retour de la guerre du Vietnam. Mais voilà que M.Wellington, avocat de profession, achète une partie du terrain et commence des travaux, dans le but d’aménager un terrain propice pour la chasse. Le père de Moon devient de plus en plus nerveux et parle de moins en moins. Il s’entaille la jambe et sa blessure s’infecte rapidement. Il sent que la mort s’avère imminente et Moon devra affronter seul la forêt et les gens qui menacent de découvrir sa demeure depuis ces dix dernières années. Il lui implore de se rendre en Alaska, où un tas de gens comme eux peuvent vivre sur une terre inoccupée sans peur de représailles de la part du gouvernement. Il demande à Moon ce qui se passe lorsque les gens comptent sans cesse sur le foutu gouvernement, et Moon de répondre: “Quand se sera la guerre, ils sauront plus se débrouiller seuls. Ils auront oublié comment faire pousser des légumes, poser des pièges pour attraper du gibier, se faire eux-mêmes leurs habits et construire leurs abris.”.

Le père de Moon décède et Moon le met en terre près de la tombe de sa mère. Bientôt, il se retrouve sur le terrain de M.Wellington, et malgré une résistance spectaculaire de Moon, ce dernier se retrouve dans la voiture de M.Gene, directeur d’un orphelinat. Moon a du mal a s’intégrer, et Hal, le plus vieux et le plus cancre des orphelins, essaient de l’intimider. Moon l’envoie rapidement au tapis. N’oubliez pas qu’il peut “foutre une bonne rouste” à des types trois fois sa taille! Il se lie toutefois d’amitié avec Hal, ainsi qu’avec Kit Slip, jeune garçon frêle atteint d’un cancer. Ils vont d’ailleurs tous les trois réussir à s’échapper (en invitant tous les autres orphelins avec eux) et vivre dans la forêt, où Moon se sent le plus chez lui. Notre jeune Mowgli des temps modernes va d’ailleurs confectionner en peu de temps un abri dont son père aurait été fier!

Par contre, ils ne sont pas au bout de leurs peines, car le méchant et violent shérif Sanders est à leur trousse et veut la peau (rien de moins!) de Moon, qu’il considère être un bâtard sauvageon (vraiment détestable le type!) qui mérite d’être traité comme une bête (il ira même jusqu’à lui glisser un collet à chien autour du cou pour s’assurer que Moon obtempère sans fuir!). Tout au long du récit, Moon offrira quelques corrections bien méritées au shérif, qui devient de plus en plus furieux et assoiffé de vengeance à l’égard du jeune homme. Il lance même ses deux chiens et celui de sa mère (quel culot!) à la poursuite des trois jeunes, mais ces derniers les adoptent! Génial, non? Vous allez vous délecter en lisant comment il ne réussi jamais a avoir le dessus sur Moon et ses amis. Vous allez aussi détester cet abruti qui devient littéralement fou à lier vers la fin du roman. Et il va le payer!

À travers les nombreuses péripéties, Moon vivra quelques jours chez Hal et son père, qui aime bien sa bouteille de whiskey… Mais il aime bien le jeune Moon, ses histoires surtout, et s’amuse à tirer à la mitraillette avec les deux garçons sur des bouteilles de verre. Hal, par contre, sait bien que le temps est compté avant que les autorités ne l’envoient dans un centre fermé pour adolescents.

De son côté, Kit avait fuit l’orphelinat sans emmener ses médicaments (malgré les recommandations de Hal), pourtant si importants à sa guérison. Après quelques semaines, il tombe très malade et Moon doit le traîner dans une couverture sur plusieurs kilomètres pour sortir de la forêt. Au bord d’une route goudronnée, une voiture passe et Moon leur fait signe d’arrêter. Il pointe Kit emmitouflé dans la couverture et disparaît aussitôt dans la forêt… il veut bien aider son ami mais il ne faut pas qu’il se fasse embarquer: “J’aime pas les endroits où on se fait enfermer. Ça me donne des crampes dans le ventre comme si quelqu’un me faisait avaler de l’eau croupie.”. Kit se retrouve de nouveau dans un hôpital, lieu qui déteste tant, mais ne semble pas retrouver la santé. Comment Moon pourra-t-il aller visiter son meilleur ami? Et Kit survivra-t-il à ses nouveaux traitements médicaux?

Voici donc un roman touchant (et le mot est faible!), poétique et parfois violent – comme la vie, quoi! Vous ne pourrez résister au charme bien particulier de chaque personnage (sauf cet imbécile de shérif Sanders, croyez-moi!). Pourquoi, alors que des gens comme Moon ne demandent rien sauf d’être laissé tranquille sans nuire à autrui, doit-on systématiquement les institutionnaliser? C’est la question principale à laquelle l’auteur essaye de répondre par l’entremise de cet ouvrage remarquable, rempli d’humanité.

Somme toute, c’est un heureux mélange du Club des Cinq, des enfants Robinson et de Oliver Twist! Je ne peux que vous inciter très fortement à lire ce livre sans tarder! Et donnez-m’en des nouvelles!

Roman pour adolescents

Éditions Bayard jeunesse, Millézime

Cet article a 7 Commentaires

  1. Mélanie Turgeon says:

    Cher Nicholas,
    Bien entendu tu m’as donné le goût de llire ce livre… et je l’ai dévoré en une nuit (disons que j’ai peu dormi hier!)! C’est une histoire très humaine. Nous nous sentons assez ordinaires merci de se plaindre de nos petits soucis quotidiens et anodins après l’avoir lu! Tu as très bien dit en affirmant que l’auteur se penche sur la question d’institutionaliser les gens de manière systématique… vivre et laisser vivre, on l’a oublié ça?! Merci Bavard Nicholas de m’avoir fait découvrir ce bijou de lecture!
    Mélanie Turgeon

    • bavardnicholas says:

      Très chère Mélanie,
      Je suis ravi que tu as apprécié le roman! Je le redis, “Alabama Moon” figure dans mon top 3 de romans adolescents en littérature jeunesse!
      Plusieurs autres lectures tout aussi géniales vont suivre sous peu…
      Merci et à bientôt! Bavard Nicholas

  2. Jérôme Bolduc says:

    Magnifique roman! Je l’ai lu, mon fils l’a lu, ainsi que mon épouse! Le texte est si fluide et entraînant…
    Vite Nicholas! Il nous faut d’autres suggestions de livres comme celui-ci!

  3. Maman lectrice says:

    Touchant! c’est le mot qui me vient en tête à la lecture de ce roman.

    Cette histoire nous rappelle que malheureusement nos enfants vivent parfois des événements difficiles par procuration. Ce petit garçon, qui semble heureux dans sa situation, va graduellement se rendre à l’évidence qu’il a manqué des moments importants à cause des choix de ses parents. Ça fait réfléchir… Une belle leçon de vie.

  4. Michel-Georges says:

    chers Nicholas,
    C’est Michel-Georges de la table ronde, je voulais vous dire que ce livre est FORMIDABLE.
    il st beau aventurier tout ce que j’aime retrouver dans un roman. je voulais vous dire que le meme jour (que la table ronde) j’ai achete beaucoup d’autre livres comme l’epouventeur (1er tome), unique (qui est maintenant est le meilleur livre que j’ai lut de ma vie), thorgal (que je n’ai pas encore lut) et les carcerales (j’ai achete ce livre en partie car le nom de ma soeur est magali comme l’auteure de ce livre.)
    sinon mes prochaines <> sont la prophethie, ensuite les carcerales et a la fin thorgal. ah oui et j’oubliais encore toute seule loin de samarcande. A+ votre blog est tres bien et j’espere que je pourrais vous voire a la prochaine table ronde. vous avez mes coordonnes au cas ou vous voulez me contacter. bye 😉

    • bavardnicholas says:

      Bien le bonjour cher Michel-Georges! Je suis ravi que, pareil à moi, tu as apprécié “Alabama Moon”. C’est effectivement un roman rempli d’aventure, de courage et d’amitié. “Unique” est également un roman poignant, c’est le moins qu’on puisse en dire! Je te souhaite de magnifiques voyages à travers tes lectures à venir et c’est avec plaisir que nous échangerons à nouveau au prochain Salon du livre. Salut 🙂

  5. Jean-Francois Bouchard says:

    Un grand grand livre à lire à tout âge. Son petit côté happy end érode un peu la force du récit et l’intensité qui en découle. Malgré ce petit bémol, j’ai adoré ce livre, qui est un des meilleurs lus cette année. De la littérature pas nunuche qui fait du bien à la vraie vie.

Laissez une réponse