Confidences de prisonniers

J’ai reçu un courriel d’un professeur dernièrement que je dois vous partager. C’est toujours agréable de vous parler de mes découvertes littéraires, mais pourquoi ne pas laisser la place à quelqu’un qui a été plus que surpris de l’impact d’un ouvrage social sur ses ados raccrocheurs…

Juste avant, je dois vous présenter en quelques lignes le puissant livre du père Jean (André Patry), Confidences de prisonniers.

Depuis son arrivée à la prison de Bordeaux, le 31 janvier 1969, le père Jean a entretenu une imposante correspondance avec des personnes prévenues (en attente de procès) et détenues entre les murs d’une des prisons les plus durs du pays. Ces milliers de lettres sont autant de témoignages précieux sur les joies, la détresse, la foi et l’amour qui habitent ces hommes incarcérés. Poèmes, demandes d’aide, chansons ou prières, les lettres qui sont présentées ici lèvent le voile sur leur vie quotidienne… Autant de confidences qui nous donnent accès à leur blessures intérieures, leurs regrets, leurs espoirs.

Le père Jean sera aumônier à la prison de Bordeaux pendant 38 ans. Son ouvrage nous ouvre la porte sur un milieu carcéral dur, mais très humain à la fois. J’ai pleuré à plusieurs reprises (pas étonnant, je sais!) au cours de ma lecture, mais j’ai parfois souri aussi. Surtout, j’ai appris plusieurs leçons de vie, et je sais que ce sera le cas pour tous ceux qui plongerons dans ce livre émouvant. Lettres de prisonniers, poèmes écrits sur les murs des cellules, confidences de suicidés… comment rester insensible? « Au cours de mon ministère à la prison de Bordeaux, il y a eu 74 suicides, 3 meurtres, 33 morts naturelles, 11 morts par intoxication (overdose), 3 décès dus au VIH. Un détenu est aussi mort, brûlé dans sa cellule, dans le sous-sol du A, le “trou” » Vous ferez la connaissance de jeunes hommes qui ont malheureusement choisis la mort pour mettre fin à leurs soucis. Aussi, plusieurs missives de détenus qui ont su reprendre leur vie en mains. Surtout, les paroles de ces hommes sont remplis de sens, et vous verrez qu’ils savent très bien jouer avec les sons et les mots pour offrir de magnifiques poèmes ou de puissants testaments relatant leurs souffrances.

Maintenant voici cette fameuse lettre de benjamin, professeur:

Bonjour Nicholas,

Tu m’a dernièrement remis un ouvrage intitulé Confidences de prisonniers, du Père Jean. En fait, lors d’une tes formations, tu expliquais comment ce livre, quoique édité pour un public plutôt adulte, saurait faire lire des jeunes récalcitrants aux mots. Tu le sais, je suis prof qui je travaille avec des raccrocheurs et j’ai des amis qui œuvrent dans des Centres jeunesse – je leur ai présenté ton livre, enfin le livre (j’ai même essayé d’imiter ta passion lorsque tu présentes des ouvrages littéraires!). Si tu savais le succès, en deux périodes de lecture seulement, que ce petit bijou a eu avec mes tough de 17-19 ans! Ces jeunes, qui ne lisent que s’ils y sont obligés (et encore c’est pas gagné!), me demandent de lire … « Juste le temps d’une lettre de plus! » C’est fort encourageant et même beau à voir. Nous avons pu, suite à la lecture de certaines lettres, avoir de profondes et importantes discussions autour de la justice, du milieu carcéral (certains ont même témoigné de leurs séjours au juvénile…), du suicide, de la mort en général, du pardon, et j’en passe! Tu as tout à fait raison lorsque tu dis qu’il suffit de prendre son shooter d’imagination, du temps de préparation aussi (nous sommes là pour ça!) pour développer 1001 activités avec ce livre, peu importe le niveau du secondaire, et même au collégial et à l’université.

Merci de cette belle découverte et j’espère bien avoir la chance de rencontrer le Père Jean afin de lui expliquer comment des lettres aux contenus troublants et touchants ont réussit à toucher une trentaine de raccrocheurs qui se disent allergiques aux livres! Tu m’as dit que j’allais les gagner avec ce livre… bien vu!

Benjamin Plante

 Merci à toi cher Benjamin 🙂

Confidences de prisonniers, Père Jean, Éditions Novalis

Essai grand public

Cet article a 4 Commentaires

  1. Tom says:

    Ta chronique donne envie d’aller à la rencontre de ces hommes marginaux qui se sont retrouvés derrière les murs d’une prison. Ils ont peut-être le statut de “prisonniers”, incarcérés pour leurs fautes, mais ils sont aussi des êtres humains avec des idées et des sentiments. La lettre de Benjamin nous prouve d’ailleurs l’impact d’un tel témoignage. Les jeunes ne sont pas insensibles à cette réalité souvent méconnue,ce qui prouve la nécessité d’un tel ouvrage…

  2. Miguel Horta says:

    Je fais se genre de travaill au Portugal. Merci.

  3. Gilda says:

    Quel livre! Touchant, bouleversant et surtout plein d’espoir

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