Disputes et disparitions

Bonjour chers blogueurs! Il me fait plaisir de vous présenter le billet d’un dynamique libraire jeunesse, amoureux des mots. Merci infiniment Pierre-Alexandre et je te retrouve à la librairie Monet sous peu pour un autre échange livresque! Bonne lecture,

Nicholas

 

            Disputes_et_disparitionsEdgar est vantard, revanchard, débrouillard, mais un peu trouillard. Edgar vit au château d’Autrepart avec une famille complètement loufoque. Edgar est un corbeau centenaire qui est l’ange gardien du château. Et dans cette première aventure, il aura beaucoup à faire pour s’en sortir sans perdre trop de plumes ! Cette série met en scène une galerie de personnages tous plus bizarres les uns que les autres. Le père, Lord Valvigne, est l’inventeur de la roue carrée, de l’huile autobouillante et de la flèche invisible. Il prétend même avoir inventé l’éternuement ! Son épouse, Lady Menthalo, est une sorcière à la retraite, célèbre pour sa malédiction des verrues violettes. Elle se passionne maintenant pour la cuisine et voue une obsession aux gâteaux éponges. Solstice, l’aînée, écrit des poèmes tristes. C’est la seule en mesure de comprendre Edgar, puisqu’il ne parle pas le langage humain. Il y a Hellébore, le cadet, gourmand et peureux impénitent, toujours accompagné de son singe Pote, qui possède un sale caractère. Et finalement, grand-mère Slivinkov vit recluse, dans les combles du château, d’où elle descend rarement.

 

            L’ambiance du roman est un mélange entre les films de Tim Burton et l’univers de la famille Adams. La facture visuelle rappelle la série des « P’tit Cousu », également éditée chez Bayard, avec une tranche noire, des illustrations en noir et blanc de Pete Williamson et de courts textes humoristiques précédant chaque chapitre. Mais là où P’tit Cousu s’adresse à de jeunes lecteurs, « Edgar sacré lascar » s’adresse clairement à un public plus âgé. Non seulement le langage est un pu plus recherché, mais les personnages secondaires ont une fâcheuse tendance à mourir, au château d’Autrepart, ce qui pourrait effrayer les plus jeunes.

 

            Mais venons-en à l’histoire ! Alors qu’il effectue une promenade, Edgar aperçoit une longue queue qui ne peut appartenir qu’à une horrible créature vivant dans les sous-sols du château. Et depuis peu, ces caves se remplissent d’eau et les filles de cuisine disparaissent mystérieusement. Ce sera à Edgar de sauver les d’Autrepart et ce, qu’ils le veuillent ou non ! Raconté du point de vue d’Edgar, le roman se lit d’une traite et réussit à nous en haleine jusqu’à la fin, qui sera tout bonnement explosive ! Les personnages sont bien exploités, chacun avec leurs manies et leurs tics plus étranges les uns que les autres. La narration d’Edgar est vivante et ses commentaires sarcastiques sur les différents membres de la famille sont très efficaces. Il est rare, en littérature jeunesse, de trouver un narrateur peureux et des personnages aussi peu débrouillards (et intelligents !) que les d’Autrepart, mais l’auteur réussit ainsi à éviter piège d’une nouvelle série mettant en scène les aventures d’un frère et d’une sœur qui mènent l’enquête dans un grand château délabré, accompagnés d’un animal de compagnie inhabituel. En donnant la parole à Edgar, Sedwick propose un point de vue original qui accroche le lecteur dès les premières pages.

 

            Ce premier tome est une réussite et donne furieusement envie de prolonger la lecture. Et comme trois tomes sont déjà sortis et qu’un quatrième est prévu pour l’hiver 2015, il n’y a aucune raison de ne pas visiter le château d’Autrepart, sauf peut-être les événements étranges qui s’y déroulent et le caractère imprévisible de ses habitants…

Edgar sacré lascar T. 1 : Disputes et disparitions

Marcus Sedgwick

Bayard jeunesse

11 ans et plus

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