J’ai laissé mon coeur dans les brumes d’Edimbourg

Edimbourg_II« Si tu lis ces pages, cela signifie que je ne fais plus partie du monde des vivants. C’est drôle, car je suis pourtant là. Je n’ai jamais été le genre de fille à tenir un journal, mais, après ce qui m’est arrivé, j’ai décidé de laisser des notes détaillées […] pour aider les psychiatres à mieux cerner ma folie. Peu importe. Sache que, si tu me lis, c’est que je n’écrirai plus jamais la moindre ligne.

Je tourne la page de ce vieux carnet, mais, à ma grande déception, la suivante est blanche. J’ai l’impression que les autres feuilles ont été arrachées il y a longtemps […] quand on étudie au Royal Dunedin, un ancien château d’Édimbourg, c’est qu’on peut s’abandonner à toutes sortes de rêveries ténébreuses. Je ne sais pas encore que, bientôt, je douterai moi aussi de ma santé mentale… »

Non, mais avouez que vous voulez déjà plonger dans ce récit qui m’a tenu réveillé une bonne partie de la nuit… comme d’habitude, quoi! J’étais littéralement plongé dans un univers qui est non sans rappeler ce que j’ai ressenti à la lecture de L’Étrange vie de Nobody Owens, du brillant Neil Gaiman.

Originaire de Barcelone, Liadan (qui signifie femme grise en irlandais), 17 ans, est plutôt introvertie. Elle préfère de loin les livres aux camarades, en fait elle préfère les livres à tous les autres. Elle se trouve bizarre et fade, pourtant sa beauté mystérieuse attire le regard des garçons… et le mépris des garces, oups pardon! Des autres filles de l’école je voulais dire… C’est sa dernière année au lycée et elle a accepté de s’occuper, en soirée, de la vieille bibliothèque du Royal Dunedin (ce nom pompeux est la forme abrégée de Dun Eideann, qui signifie Édimbourg en gaélique écossai… rien de moins!). Elle ne se serait jamais retrouvée en Écosse si ce n’était du décès de ses deux parents, morts dans un accident d’avion, quelque part au cœur de l’Amazonie. C’est sa mère qui souhaitait la voir partir pour l’Écosse : « … j’ai exaucé son souhait, estimant qu’il serait bon pour moi de changer d’air. Je pensais que le temps pluvieux, froid et gris d’Édimbourg conviendrait mieux à mon humeur morose… » Depuis, elle a son pays d’adoption dans le sang, malgré le froid et l’humidité tenace!

Alors qu’elle parle de ses nouvelles responsabilités à la bibliothèque (qui date du XVIe siècle) avec son amie Aith et le cousin de cette dernière, Keir, dont Liadan est un peu amoureuse, on commence à lui parler de fantômes errant au Royal Dunedin. Bon, on se doute bien que les fantômes ne manquent pas en Écosse, mais quand même! Un jeune guerrier prisonnier dans le monde des vivants qui change les livres de place à la bibliothèque, une jeune fille près du lac qui se serait noyée au XVIIIe siècle… bref, Liadan, cartésienne, n’y croit pas.

Un soir, alors qu’il est temps de mettre la clé dans la porte de la bibliothèque, Liadan décide de faire une dernière ronde. Soudain, elle perçoit un bruit et marche à vive allure… et reste pétrifiée devant la porte (moi je serais déjà loin des lieux, veuillez me croire!)! Un garçon à l’intérieur! Sans pouvoir distinguer son visage complètement, Liadan a la conviction de ne jamais avoir vu une telle beauté : « Accoudé sur la table, il est plongé dans la lecture d’un des documents les plus anciens des archives […] il ne réagit pas. Il met quelques secondes avant de s’arracher à son livre et me fixe […] il a l’allure séduisante d’un de ces guerriers celtes que toute l’Europe redoutait. »

Ce garçon, c’est Alastair. Et la bibliothèque, c’est sa bibliothèque… depuis plus longtemps que vous pouvez l’imaginer d’ailleurs. Et si les origines lointaines que Liadan lui attribue ne sont pas tout à fait fausses? « Manifestement, cette fille ne m’a pas trouvé bizarre […] Je me moque qu’elle soit là, je sais rester discret, mais elle m’a vu, elle m’a même parlé et, pire encore, je ne lui ai pas paru étrange. » Vous apprendre que c’est un fantôme ne vend pas le punch, par contre oubliez ça si vous pensiez que j’allais vous expliquer pourquoi Alastair est tenté de faire disparaître Liadan à jamais… ou encore pourquoi cette dernière risque de menacer son existence et celle de ses semblables. Chose certaine, des sentiments nouveaux le feront peut-être changer d’avis… (c’est romantique à souhait, vraiment à l’eau de rose… plaisir coupable et j’assume les amis!).

Ce roman, où s’entremêlent à merveille le surnaturel et l’amour, c’est un véritable page turner. Impossible de le lâcher avant la fin!

Bien entendu, je n’ai pu m’empêcher de lire les deux autres titres proposés dans cette collection, et je vous invite aussi à les découvrir :

Mon cœur qui bat si fort, Alf Kjetil Walgermo, Bayard jeunesse

La musique, c’est toute ma vie (L’amour, très peu pour moi), Josie Bloss, Bayard jeunesse

 

J’ai laissé mon cœur dans les brumes d’Édimbourg, Carolina Lozano, Bayard jeunesse

Roman pour adolescents

Cet article a 1 Commentaire

  1. ptitelfe says:

    Sympa l’approche du livre avec ton avis 🙂 Je l’ai lu aussi, j’ai été surprise de voir de quoi ca parlait je ne m’y attendais pas du tout 🙂

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