La profession d’attachée de presse

À travers le merveilleux monde de l’édition, certaines professions sont moins connues que d’autres. Il est maintenant temps de lever le voile sur le travail d’attachée de presse. Pour ce faire, je me suis entretenu avec Johanne Saindon, attachée de presse et responsable des communications chez Bayard Canada. C’est que j’en ai appris des trucs en un seul échange!

Tout d’abord, quelles sont les tâches reliées à cette profession? Une tonne! Dans le but de promouvoir les livres édités, il s’avère primordial de créer des liens de confiance avec les médias. Chaque livre demande un contact avec l’auteur. Ce dernier remet ses réseaux et c’est à Johanne que revient la tâche de la finaliser avec sa liste de médias afin de bien faire connaître l’ouvrage en question. Johanne m’explique quel défi cela représente de tenir à jour son fichier de contacts… ouf! Il ne faut pas oublier tout le côté organisationnel pour les lancements de livres, conférences à donner, et autres activités autour du livre de l’auteur.

J’ai rapidement compris qu’être attachée de presse signifie travailler dans un univers sans routine – pas une journée pareille! Il faut faire preuve d’entregent, savoir établir de bonnes relations avec les journalistes et les recherchistes, et démontrer un réel esprit d’équipe. J’ai compris que pour exercer ce métier, l’expérience prime sur le diplôme. Outre le papier universitaire, il faut savoir suivre les tendances du milieu, suivre l’actualité (penser à des livres qui peuvent revenir au goût du jour), être bien présent sur Internet, suivre les programmations des différentes chaînes radio et télé, et bien plus encore! Encore une fois, ouf! Afin d’acquérir cette expérience absolument essentielle, il faut viser au moins deux ans d’apprentissage sur le terrain. Il est à noter que dans le milieu culturel, ce sont davantage des femmes qui œuvrent comme attachées de presse, contrairement au monde politique, où la prédominance est au sexe masculin.

Il est de plus en plus difficile de promouvoir le livre jeunesse au Québec. Il faut travailler l’ouvrage davantage qu’en littérature adulte pour le faire connaître par différents médias. D’ailleurs, certains quotidiens ont délaissé ou réduit la publication de chroniques vouées à cette littérature… triste, mais une réalité avec laquelle l’attachée de presse doit savoir composer.

Toujours avide de potins (que voulez-vous, je suis si curieux!), je devais demander à Johanne pourquoi certains auteurs peuvent être plus complexes à prendre en main (ma formulation est polie, n’est-ce pas?). Certains ont des attentes élevées (provenant d’idées préconçues), d’autres ne connaissent pas du tout le marché du livre, alors que quelques-uns ont un blocage avec le public, ce qui rend le côté promotionnel plus ardu à gérer. Néanmoins, à travers une myriade de rencontres et plusieurs voyages de promotion, Johanne Saindon se souvient de quelques moments mémorables. Imaginez un peu recevoir l’appel de Robert Bourassa la veille de son lancement demandant de l’aide quant à la rédaction de ses dédicaces! Génial, non? Johanne me parle aussi avec émotion de son entretien avec Andrée Lachapelle, dans le cadre de la sortie de l’ouvrage des poésies complètes de Nelligan.

En somme, la profession d’attachée de presse en est une des plus dynamiques! Les tâches reliées sont variées, très intéressantes et quantité de rencontres inoubliables peuvent se présenter à vous. Mon entretien avec Johanne prenait fin et je me demandais… devrais-je changer de profession?! Bien sûr que non (j’aime trop bloguer avec vous pour ça!), mais ce fût tout une aventure de vous amener dans les coulisses d’un autre brillant métier au cœur d’une maison d’édition.

Cet article a 1 Commentaire

  1. Carlos Seguin says:

    Merci Nicholas ! Nombreux sont les lecteurs et lectrices qui compredront finalement le travail parfois intense d’une attachée de presse.

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