L’apothicaire

J’ai plus de souffle! Je viens de poser un roman franchement enlevant et brillamment écrit. Heureux mélange d’histoire après-guerre, de péripéties à vous tenir sur le bord de votre chaise (ou votre fauteuil, c’est selon!) et d’alchimie. Quoi demander de plus? Surtout, c’est génial de parfois lire un roman unique, donc pas de suite à attendre.

L-apothicaire_couv_72dpiBon, il faut bien que je vous en parle un minimum! Nous sommes en 1952, la Deuxième Guerre mondiale est terminée. Jane, qui a grandi à Los Angeles, déménage avec ses parents à Londres… pas le choix en fait, car ses parents sont communistes. C’est donc une forme de fuite essentielle. Jane se sentait effectivement suivie avant leur départ, et avec raison : c’est la police fédérale qui est à leur trousse. À Londres, ses parents, sous des noms d’emprunt, obtiennent un contrat comme scénaristes pour la BBC.

Pour Jane, nouveau collège : St Beden. Lors d’un exercice à la bombe (si si, c’était nécessaire, car à cette époque les Russes affirmaient détenir une bombe nucléaire et menaçaient de s’en servir), Jane remarque Benjamin Burrows, un garçon rebelle et fascinant, qui refuse de se prêter au jeu… il faut lire pour comprendre! La mère de Ben a été tuée lors d’un raid aérien quand il n’avait que trois ans, et son père n’est nul autre que M. Burrows (logique), le fameux apothicaire. Les études de Benjamin sont d’ailleurs payées par la Société des Apothicaires (quoique le garçon rêve plutôt de devenir espion pour les services secrets).

Prétextant un jeu d’échecs dans Hyde Park, Jane et Benjamin (vous aurez deviné qu’ils sont désormais amis n’est-ce pas?) tentent de suivre un homme qu’ils soupçonnent de… bon, ils n’en savent rien, mais c’est assurément louche! Ce bonhomme venait de s’entretenir avec un certain Monsieur Shiskine, comptable à l’ambassade de Russie. C’est étrange, il se rend tous les dimanches à ce parc pour y rencontrer brièvement différents individus… serait-il un passeur de messages secrets? Plus étrange encore, un bon dimanche après-midi, c’est au père de Benjamin que Shiskine remet un message! Ben et Jane le suivent et découvrent le message déchiré et jeté aux poubelles par l’apothicaire : JIN LO S’EST FAIT PRENDRE. TU ES LE SUIVANT (à ce stade je n’en pouvais plus, je lisais debout… mais ce n’était que de la petite bière en comparaison à tout ce qui m’attendait dans les pages suivantes!).

Benjamin confronte alors son père avec Jane. Au même instant (et là je vous conseille d’attacher votre tuque… ou chapeau de paille puisque c’est l’été), des hommes entrent dans la boutique. M. Burrows supplie les deux ados de se cacher, mais tout d’abord il leur remet un énorme livre en les implorant de protéger l’ouvrage de quiconque voudra s’en emparer : « Surtout pas! Il faut que vous protégiez la Pharmacopée et que vous la mettiez en sûreté. S’il vous plaît, faites ça pour moi. » Bien entendu, je ne vous en dis pas davantage sur la Pharmacopée, sauf que vous en découvrirez le contenu et ses symboles dans le roman.

Après être sortis de leur cachette, c’est l’évidence pour Jane et Benjamin : l’apothicaire a disparu!

Et là. Mes chers amis, l’action ne s’arrête pas avant la fin. Est-ce que sont des espions soviétiques ou non (ou les deux?) qui les traquent? Par chance que Jane tient un journal de toutes ces péripéties (elle le perdra… va-t-elle le retrouver?).

Malgré eux mêlés aux recherches sur la bombe atomique et pire encore par moment, c’est avec Pip, le gamin des rues, un nouvel allié, qu’ils les vivront. Ça sent le danger partout, mais ils tiennent le grimoire, et sa myriade de formules magiques. Peut-être que stopper le temps ou encore être invisibles peuvent leur venir en aide, qui sait?

Et si une pincée de magie pouvait sauver le monde? À vous de le découvrir maintenant!

Un super roman pour adolescents où l’action est bel et bien au rendez-vous très tôt dans le récit, pour ne plus jamais nous quitter. Génial comme lecture d’été!

L’apothicaire, Maile Meloy, Édition Bayard jeunesse
Roman pour adolescents

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