L'AUTRE MOITIÉ DE MOI-MÊME

TITRE : L’autre moitié de moi-même

AUTEUR : Anne-Laure Bondoux

C’est avec un plaisir particulier que je vous écris ce billet. Anne-Laure Bondoux réussit à me chavirer complètement (et à tous les coups!) à travers ses romans. Je me souviens encore très bien du petit Chilien Paolo Poloverdo (Les larmes de l’assassin), de Linus et son copain Chem (Le destin de Linus Hoppe), sans oublier le petit exilé Blaise Fortune (Le temps des miracles) et de plusieurs autres personnages qui me suivent encore parfois, en pensée.

C’est donc une évidence que lorsqu’un nouveau manuscrit signé madame Bondoux nous est parvenu, mes collègues mordus de lecture et moi-même voulions tous être le premier à lire ce recueil de pages très précieux! Et là, mes très chers blogueurs, la surprise, l’incompréhension aussi, mais surtout, la découverte d’un ouvrage qui me fera passer par toute une gamme d’émotions! Après avoir publié huit livres entre 2001 et 2009 (traduits dans une vingtaine de langues quand même!), l’écrivaine se sent bloquée, en panne depuis deux ans : « Jusqu’ici, j’aimais écrire des romans. J’aimais inventer des intrigues, explorer des contrées lointaines, donner vie à des personnages perdus qui cherchaient un sens à leur existence. Aujourd’hui, c’est moi qui suis perdue, et c’est moi qui pars en voyage… »

Un peu perturbée après avoir reçu un coup de téléphone de l’homme qu’elle aime, mais dont elle est sans nouvelles depuis quinze jours, Anne-Laure prend le volant. Elle voit à la dernière minute un enfant sur son vélo… enfant qui n’y est pas pourtant. Elle est convaincue l’avoir heurté : « Je n’avais jamais eu d’accident jusque-là. Mais ce soir, par inadvertance, engluée dans la mélasse de mes pensées, j’ai peut-être tué un enfant. Un enfant sans visage, sans âge, et sans matière. Une image. » Ayant toujours eu peur de la folie, elle chute vers le fond. C’est ce qu’elle appelle un naufrage.

La remise en question commence, comme une sorte d’introspection. Tout y passe, incluant son métier : « Ce n’est pas bien compliqué, mon travail consiste à imaginer des histoires, à choisir des mots pour les raconter, à les ordonner en phrases, en paragraphes, en chapitres. Je suis payée pour cela. C’est mon métier, mon choix, ma passion; depuis quelque temps, c’est aussi ma terreur. » C’est une réelle recherche intérieure qui se déroule. Anne-Laure Bondoux nous décrit (nous offre devrais-je dire!), de manière très intime, plusieurs souvenirs personnels et expériences professionnelles. Une quête afin de trouver quelle est cette chose qui lui fait peur : « Alors, ce soir du 25 octobre 2010, assise sur mon lit, dos contre le mur, je prends mon ordinateur sur mes genoux, et je commence à fouiller les ténèbres avec la seule lanterne dont je dispose : les mots. » En effet, n’avons-nous pas généralement moins peur dans la vie lorsque nous arrivons à comprendre ce qui nous terrifie le plus?

Nous comprenons à travers la lecture de cet ouvrage unique que plus d’une fois, le monde de l’auteur a pivoté sur son axe! Elle a passé à travers une myriade de petites révolutions fort personnelles. Je pourrais vous citer pendant dix pages une sélection de citations du bouquin, tant les phrases sont belles, mais aussi crues et vraies. Je vous laisse ici, en espérant que vous aurez la chance de plonger, l’instant d’un après-midi, dans le monde (et parfois la tourmente) d’Anne-Laure Bondoux, qui a su me faire voyager et faire d’inoubliables rencontres à travers ses ouvrages. Elle nous livre ici (le verbe est bien choisi, non?) sa famille, son enfance, ses amours. Elle fait le point sur ses parcours, mais surtout sur ses peurs. En somme, c’est ELLE, son histoire… une histoire qui ressemble étrangement à la mienne, la vôtre peut-être, enfin à celles de plusieurs.

Témoignage pour grand public

Éditions Bayard

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