LE BÛCHER AUX SORCIÈRES

TITRE: Le bûcher aux sorcières

AUTEUR : Amélie Sarn

Bouge pas, sorcière!

En 1611, la chasse aux sorcières (autre belle imbécilité de notre histoire) est bien en branle. À Rennes, trois hommes capturent la femme de Bennezel, dite Mam-Goz, accusée de sorcellerie. Elle connaît peut-être bien les herbes qui guérissent : « …préparait des décoctions pour atténuer la douleur des femmes en couches, elle appliquait des compresses pour stopper l’hémorragie d’un doigt coupé par la faux, elle réduisait les fractures, cicatrisait les plaies. », mais quand même!

Naïg, petite bâtarde élevée par l’accusée, réussira à fuir. Creux dans la forêt, elle se sent en sécurité puisqu’aucun homme n’a le courage de s’aventurer si profond.

Après une chute la laissant inconsciente, Naïg se réveille dans une sombre chaumière, celle de la Barbe, femme aux grands pouvoirs. En s’adonnant à un curieux rituel, cette étrange femme semble invoquer Satan afin qu’il laisse vivre la jeune rescapée. Sentant une force incroyable dans l’esprit de Naïg, la Barbe la prend comme apprentie, afin de lui transmettre ses connaissances et ses pouvoirs avant la fin de ses jours. Cependant, elle semble prôner de conjurer tant le bien que le mal, prétextant qu’ils sont jumeaux et ne peuvent être dissociés.

Reprenant des forces, Naïg pense toujours à s’enfuir et de sauver Mam-Goz. Cependant, elle fait désormais partie du village et doit se soumettre à un baptême très étrange : « Des claquements d’ailes et de bec, des gloussements désespérés. Le coq se débat. La lame s’abat dans un bruit mouillé et se plante dans la gorge de l’animal. Un liquide chaud jaillit et se répand sur le visage de Naïg. Sur ses yeux, ses lèvres, son cou. Et fini de couler en petites éclaboussures. » Beurk! Je vous le dis, ce roman envoûtant saura vous donner des frissons !

Dans sa geôle, Mam-Goz croupit et doit se soumettre à de longues et violentes séances de torture, question d’avouer ses crimes (quels crimes?). J’enrageais chez moi en prenant connaissance du traitement réservé à Mam-Goz : « Le bourreau tire sur la corde, ce qui a pour effet de serrer les coins de fer autour des chevilles et des poignets de la sorcière. Ses os craquent comme une coquille de noix. » En effet, le récit est entrecoupé d’extraits du journal de Jehan Dieudonné, magistrat fou du roi… fou à lier ! Ce mécréant a déjà fait brûler plus d’une prétendue sorcière. Il dit vouloir combattre le « fléau » de la sorcellerie, et sa méthode de procéder est la suivante : dans le doute, brûlons! Quel plouc!

De son côté, depuis une lune, Naïg reçoit les enseignements de la Barbe. Elle apprend à commander aux choses : « Elle sait arrêter un incendie avec une poignée de graines de fougères. Elle peut prendre l’apparence d’un animal en buvant de l’eau recueillie dans ses empreintes. Elle connaît également les philtres d’amour et de guérison. » Par contre, elle veut par-dessus tout venir en aide à Mam-Goz, ce qui signifie se sauver. Pourquoi est-ce à elle que la Barbe a décidé de transmettre tous ses pouvoirs? Naïg réussira-t-elle à rejoindre Mam-Goz? Si oui, pourra-elle lui venir en aide? Et si elle se servait de ses nouveaux dons pour venger toutes ces innocentes condamnées à être brûlées vives?

Je vous promets un suspens sans pareil à travers ce récit aux péripéties haletantes et angoissantes! Nous parlons souvent de stratégies pour faire lire les garçons un peu plus récalcitrants, mais n’oublions pas nos lectrices! Voici enfin un excellent roman historique d’aventures au féminin!

Romans pour lecteurs intermédiaires et ados

Éditions Milan

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