Le cercle des confidentes

Lire un livre est toujours une aventure. Il y a de ces romans qu’on veut finir le plus vite possible, parce qu’il nous est impossible d’arrêter notre lecture. Il y en a d’autres que l’on n’a pas le courage de finir, parce qu’ils n’ont pas réussi à nous convaincre. Certains, entre les deux, vont nous chercher jusqu’au fond du ventre à chaque nouvelle page, et nous font hésiter entre le désir de les terminer rapidement, parce qu’ils nous ont plu dès le départ et celui de faire s’étirer la lecture, juste pour le plaisir, parce qu’on aime tellement leur histoire qu’on ne veut pas la voir se terminer.

cercleC’est précisément ce qui m’est arrivé avec Le cercle des confidentes 1. Lady Megan.

Londres, 1650. Megan, une jeune comédienne et voleuse de dix-sept ans, se fait prendre la main dans le sac, ou plutôt, dans les poches de Sir William, un homme au service de Sa Majesté. Malheureusement (ou heureusement ?) pour elle, ce dernier décide de la punir en l’envoyant à la cour, au service de la Reine Élisabeth, fille d’Henri VIII. Megan ne réalise pas encore tout ce qui l’attend. Elle fait la rencontre de Jane, Anna, Béatrice et Sophia, toutes des confidentes de la Reine, qui ont comme devoir de la protéger de n’importe quel complot, coup monté ou attaque. Ensemble, avec leurs capacités aiguisées pour le mensonge, le jeu, l’analyse, le combat et la traduction, elles deviendront les yeux et les oreilles de leur souveraine. Les choses se compliquent lorsque Megan, la nouvelle venue, se voit hériter de plusieurs autres missions dont ses comparses ne doivent pas être au courant. À qui faire confiance dans un univers où tout le monde est entraîné pour mentir, et où la survie dépend de l’obéissance à des règles souvent injustes ? Et quand on est appelée à remplacer une fille qui s’est sauvagement fait assassiner, comment peut-on s’assurer de ne pas subir le même sort ? Entre ses premières amitiés et ses premiers émois à apprivoiser, Megan devra aussi apprendre à devenir l’espionne accomplie en laquelle on veut la modeler, tout en mettant à jour le véritable visage des gens de la cour. Toute une aventure pour une inconnue du monde souverain! Mais l’est-elle vraiment, au fond ?

Je ne saurais écrire une critique qui rende pleinement justice à ce roman. Il est d’une richesse extraordinaire et j’ai pris un énorme plaisir à le découvrir. À chaque nouveau chapitre, on découvre une nouvelle intrigue, qui ne s’élucide pas, mais ne fait que s’ajouter à la liste déjà longue des complots desquels les filles doivent protéger la Reine. En lisant l’histoire de Megan, j’ai eu l’impression de lire une version Gossip Girl qui se situerait au dix-septième siècle. Tout dans ce monde n’est qu’apparat, et discerner le vrai du faux peut devenir particulièrement difficile quand on est nouvelle dans cet univers. Les cinq confidentes, toutes très différentes, sont des jeunes femmes fortes que l’on aime voir relever les défis qui leurs sont lancés. Les multiples fêtes à la cour sont souvent le théâtre d’un nouveau coup, et la trame narrative, qui s’apparente à une représentation théâtrale, est tout simplement délicieuse. Le titre du roman, laissant présager quatre suites, me fait attendre avec impatience la sortie des suivants. Ce roman conjugue à merveille l’histoire et la fiction : les décors, les costumes et les rôles sont décrits avec précision et justesse, si on les replace dans leur contexte historique.

Le cercle des confidentes 1. Lady Megan vaut assurément le détour. Il ne reste plus qu’à voir si l’auteure aura réussi à rendre le langage des prochains tomes aussi « personnalisé » qu’il l’était dans celui-là : s’ils adoptent tous le point de vue d’une nouvelle confidente, les pensées des filles et leur manière de décrire les événements devront aussi différer, étant donné leurs personnalités distinctes.  Après avoir été charmée par ce premier opus, je ne peux qu’espérer retrouver une énergie différente dans les suivants, mais je ne crains pas que ce soit le cas.

 Jade Poirier

Cet article a 0 Commentaire

Laissez une réponse