Le journal de guerre d’Émilio

Il y a de ces albums que l’on referme, ému, ébranlé, sans mots. Il y a de ces albums qui nous touchent, que l’on voudrait fiction, mais qui nous parlent de la réalité. Il y a de ces albums qui sont essentiels; Le journal de guerre d’Emilio est de ceux-là.

Écrit par André Jacob et illustré par Christine Delezenne, cet album nous raconte, sous la forme d’un carnet de bord, un moment dans la vie d’Emilio, jeune colombien de 13 ans qui voit sa vie complètement bouleversée le jour où un commando de l’armée révolutionnaire colombienne fait irruption dans son école pour recruter, de force il va sans dire, de nouveaux soldats. À partir de là, aucun lecteur ne pourra rester indifférent au récit d’Emilio que l’on suit pas à pas dans sa nouvelle vie de soldat de la révolution. Une vie faites d’entraînements et d’apprentissages militaires avec maniement d’armes et technique de camouflage. Une vie faite également de soirées cinéma à saveur « commando », de substances inconnues aux effets inquiétants, de peur, d’angoisse et de renoncement. Une vie qu’aucun adolescent ne devrait connaître.

L’auteur André Jacob a rencontré des garçons et des filles comme Emilio. Des jeunes dont on peut difficilement ici, dans notre confort nord-américain, imaginer la vie. Le vécu de ces enfants l’a énormément touché et de retour de ses séjours là-bas, il nourrit, au fil de temps, le désir de partager et de témoigner de ce qu’il a vu. Il a donc saisi sa plume et donné la parole à l’un de ces jeunes soldats.

Pour ce second billet en tant que blogueuse invitée, un sujet sérieux, mais ô combien nécessaire. La littérature jeunesse a plusieurs visages et peut aussi, parfois, servir la cause des plus vulnérables.

Rhéa Dufresne

Le journal de guerre d’Émilio, André Jacob, Isatis

Cet article a 0 Commentaire

Laissez une réponse