Les coulisses du livre : Directeur d’édition

 LES COULISSES DU LIVRE

MAI 2012

Très chers blogueurs, bienvenue à nouveau dans Les coulisses du livre, où nous vous informons sur diverses professions du milieu littéraire. Ce mois-ci, je vous invite à plonger au cœur d’un métier fascinant, mais peu connu, celui de directeur éditorial.

Bien sûr, je devais m’entretenir avec une personne qui a choisi de faire de l’édition sa profession, ainsi que sa passion. J’ai pu discuter et poser ma panoplie de questions à monsieur Yvon Métras, directeur des éditions Bayard Canada et Novalis.

J’ai voulu en savoir davantage sur la diversité de son rôle. Tout d’abord, il lui faut élaborer une orientation éditoriale. Cela signifie définir notre « marque de commerce » pour nous distinguer des autres maisons. Le directeur éditorial s’assure de déterminer le genre de livres à publier. Par exemple, tant chez Bayard que chez Novalis, nous ne publions pas de livres de recettes où figurent les chefs en vogue du moment. Ce genre de manuscrit, si nous le recevons, ne serait pas retenu pour être publié (même si toutes les recettes sont délicieuses!). Le souci du lecteur est très important: à qui l’ouvrage publié est-il voué?

Le directeur s’assure ensuite d’avoir des auteurs pour nourrir ces orientations littéraires. Il faut alors développer un réseau de contacts, accueillir les manuscrits et accompagner les auteurs dans la réalisation de l’œuvre. Cette prise en charge de l’auteur comporte une myriade d’activités, comme la révision de l’épreuve, assurer une cohérence au récit, etc. Parfois, lorsqu’un auteur dépose un manuscrit, ce dernier croit que son travail est terminé, alors qu’il ne fait que commencer!

La question qui m’est venue à l’esprit allait de soi : quelles études un jeune qui s’intéresse à la profession doit-il entreprendre pour s’y préparer adéquatement? Bien, comme pour plusieurs professions du monde éditorial (dont la mienne!), il n’y a ni cours spécifique ni école spécialisée pour devenir directeur d’édition. Par contre, une formation en études littéraires n’est pas à négliger, car un bon directeur éditorial doit aimer lire, et de tout. En effet, lire plusieurs écrits de tous les styles permet de bien comprendre les différences entre les genres, mais aussi entre les maisons d’édition. Il faut, bien évidemment, aimer la langue française (le bilinguisme étant encore mieux!). Si vous êtes peu sociable, peut-être ce métier n’est pas pour vous, car il faut aimer les gens et surtout s’intéresser au public à qui nous voulons nous adresser. Quoique jadis auteur, monsieur Métras affirme qu’il n’est pas nécessaire d’être un bon écrivain pour œuvrer en tant que directeur éditorial. En fait, il faut apprendre à suivre la pensée de l’auteur et se délaisser de SA propre manière de dire les choses.

Chez Bayard Canada, nous recevons annuellement des centaines de manuscrits jeunesse. Le taux de refus se situe à près de 90 %. Plusieurs seront étonnés par ce chiffre, mais c’est la moyenne dans le milieu. Pourquoi alors un manuscrit serait-il lu? Voilà la question à poser! Premièrement, il faut savoir que le processus peut être long… patience ! Il est évident que si votre manuscrit présente des fautes de français dès la première page ou à travers votre page de présentation, il ne sera pas lu. Il est important de présenter votre livre (qui êtes-vous ? D’où vient le projet ?) et que l’ouvrage réponde aux critères de la ligne éditoriale de la maison. Finalement, un conseil de la part d’Yvon Métras: s’il s’agit d’un livre illustré, n’envoyez que les copies de vos illustrations originales… imaginez si elles se perdaient dans la poste!

C’est bien de parler manuscrit et papier, mais qu’en est-il du livre numérique? Est-ce devenu un enjeu éditorial? Selon monsieur Métras, il s’agit d’une plate-forme complémentaire pour la diffusion d’un ouvrage littéraire. Au point de vue éditorial, si le livre est mauvais sur papier, et bien il ne sera pas meilleur électroniquement!

La profession de directeur d’édition est propice pour faire des rencontres marquantes. Vous savez ce genre de rencontre étonnante où l’on se dit: « Wow! J’ai vraiment choisi le bon métier! »? Ces rencontres sont nombreuses pour Yvon Métras, mais il a particulièrement été touché par le docteur Nagy Charles Bedwani, auteur de l’excellent ouvrage Vivre avec un adolescent mentalement souffrant, aux Éditions Bayard Canada. Selon monsieur Métras: « L’humanité de cet homme ne pouvait donner qu’un livre brillant, important. »

Notre entretien tirait à sa fin, et j’ai pu comprendre que nous sommes plusieurs à travailler sur chaque livre dans lequel vous plongez, dans un but de recherche ou de pur plaisir. Être directeur d’édition revient à s’investir pleinement dans les différents processus de la création d’une œuvre littéraire. À travers la multitude de titres offerts, il n’est pas étonnant d’apprendre que le marché du livre est l’industrie culturelle la plus importante au Québec!

Je tiens à remercier chaleureusement la collaboration de monsieur Yvon Métras, sans qui cet article n’aurait pas eu lieu. Pour en apprendre davantage sur le milieu éditorial, je vous invite à consulter le site de l’Association nationale des éditeurs de livres: www.anel.qc.ca/

 À très bientôt pour faire la lumière sur une autre profession du milieu du livre!

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