Les larmes de l’assassin

Les larmes de l’assassin est un magnifique roman jeunesse, d’une grande sensibilité n’ayant pas de public cible ni genre particulier selon l’auteure Anne-Laure Bondoux. C’est un roman initiatique sur les liens tissés entre humains et qui touchera bien des gens j’en suis convaincue. Il est d’ailleurs récipiendaire de plusieurs prix dont le prix Sorcières 2004 (littérature jeunesse en France).

L’histoire se passe au sud du Chili, en Patagonie. Au bout du monde sur une terre hostile, un enfant vit de misère avec ses parents. Il traine au gré du vent et des cailloux qui sont ses seuls compagnons. Les voyageurs sont rares dans cette région sauvage, mais un jour pourtant un homme fait son apparition sur la ferme familiale. Il se nomme Angel Allegria et il est un assassin recherché ni plus ni moins. De sang-froid, il tue les parents du jeune Paolo, mais quelque chose le retient de tuer l’enfant aussi. Il trouve refuge à la ferme pour se cacher et prend peu à peu le rôle des parents disparus face à Paolo. Un lien affectif se tisse entre l’homme et l’enfant, sentiment très étrange pour Angel qui est rustre et n’aime pas les gens. Ce personnage complexe nous laisse perplexe à ce stade du livre.

Lorsqu’un deuxième voyageur arrive, un homme instruit qui sait lire. Paolo écoute et manifeste de la curiosité pour l’extérieur, la ville… il veut s’ouvrir au monde. Le fragile équilibre avec Angel qui veut le garder est ébranlé. Celui-ci retarde le moment de tuer cet intrus menaçant sa relation avec Paolo, car d’une part, il ne veut pas perdre l’affection de celui-ci qui l’aime bien, mais ne veut pas non plus prendre le risque d’être découvert. Car Paolo est jeune et innocent, il ne comprend pas tout. Il faudra bien qu’ils sortent de leur isolement un moment ou l’autre, car les ressources commencent à manquer, ce n’est qu’une question de temps.

Voici un magnifique chef-d’œuvre pour tous qui fait réfléchir sur la nature des liens affectifs entre les gens. La soif de connaissance et de relation est plus forte que l’abrutissement causé par l’isolement. Ce livre démontre que nous avons besoin de nous réaliser en tant qu’être, peu importe notre âge, nos conditions et où l’on se trouve.

Julie Moreau
Blogueuse d’un jour

Les larmes de l’assassin, Anne-Laure Bondoux, Bayard Jeunesse

Cet article a 1 Commentaire

  1. Alice says:

    Un roman magnifique oui! Et tellement, tellement émouvant.
    Il a été adapté en bd aussi.

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