LIBRES!

TITRE : Libres!

AUTEURS : Collectif

La Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) de 1948 proclame 30 droits et libertés pour tous les êtres humains, pourtant, depuis 60 ans, des MILLIONS de personnes dans le monde en sont toujours privées. 12 auteurs de renom se sont inspirés de leur combat quotidien.

Je suis en quelque sorte fier que les Éditions Bayard nous présentent cet ouvrage important, nécessaire, à lire par tous, jeunes comme plus vieux. Les thématiques abordées sont souvent tristes, choquantes même, mais qui ont su toucher ces auteurs : « (…) nombreux sont les écrivains qui ont eu le courage d’attirer l’attention sur les horreurs des régimes totalitaires. Ils en ont souvent subi les conséquences. Pour leur part, les différents auteurs qui ont contribué à ce bel ouvrage nous donnent amplement de quoi réfléchir. La vie n’est pas juste, c’est vrai, mais chacun de nous peut agir pour qu’elle le devienne un peu. » Jacqueline Wilson n’aurait pu mieux expliquer les pages qui m’attendaient!

À travers souvenirs douloureux, anecdotes et prises de position, Michael Morpurgo, Theresa Breslin, Sarah Mussi, ainsi qu’une myriade d’autres auteurs jeunesse nous livrent des histoires poignantes qui nous touchent droit au cœur. Le tour de force réside dans l’utilisation de plusieurs articles de la DUDH pour appuyer l’injustice de leurs récits respectifs. Attendez de lire le magnifique poème de Malorie Blackman autour de l’Article 19, qui stipule que tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression. Nul ne peut être inquiété pour ses opinions. Chacun doit être libre d’exprimer et d’échanger des idées, sans considération de frontières. Croyez-vous réellement que c’est ce qui se passe en ce moment dans tous les pays de la planète?

Dans son histoire intitulée Si seulement n’avait pas dansé, Patricia McCornick nous livre le récit déchirant (avec un dénouement que je n’ose qualifier d’heureux, mais somme toute il y a une lueur d’espoir!) d’une famille du Zimbabwe en marche vers un État libre, après l’élection de 2008 qui remit au pouvoir Mugabe. Elle a misé juste en évoquant, à la fin du récit, l’Article 14, qui veut que toute personne maltraitée ou persécutée dans son propre pays a le droit de chercher asile dans un autre pays.

Par contre, c’est l’auteur David Almond qui a su me chavirer le plus avec l’histoire de monsieur Eustache, envoyé un temps en prison et victime de ses voisins depuis qu’il a refusé de s’enrôler lors de la Seconde Guerre mondiale : « Il était contre toutes les guerres; il ne voulait pas s’attaquer à son prochain. » Ce pauvre homme est persécuté par la société, même par les gamins d’hommes ayant combattu contre les Allemands et les Japonais. Que font ces imbéciles de l’Article premier qui insiste sur le fait que tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits? Ils sont doués de raison et de conscience, et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité?

Je vous invite à découvrir, à travers une prose magnifique, mais dure, des récits émouvants qui sauront vous faire réfléchir sur plus d’un enjeu mondial. Je trouve aussi brillante l’idée d’y joindre un document informatif autour des origines de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Et souvenez-vous toujours de l’Article 30 : Nul ne peut nous priver de ces droits et de ces libertés. Il serait temps pour certains dirigeants du monde de mettre l’ensemble de la DUDH en pratique, mais ce sera pour un autre article…

Roman pour adolescents

Éditions Bayard jeunesse

Cet article a 0 Commentaire

Laissez une réponse