L’industrie du livre se mobilise

Très chers blogueurs, c’est un véritable plaisir de vous retrouver! Nous avons eu un été magnifique et j’en ai profité pour faire le plein de mes lectures personnelles… la pile était haute disons!

Contrairement aux années passées, la rentrée littéraire se veut politisée (tellement à propos en cette période électorale, non?). N’ayez crainte de mon ton sérieux! Bavard Nicholas demeure aussi joyeux que jamais et de fascinantes découvertes littéraires vous attendent sous peu.

Le monde du livre est constamment en mouvement. En ce moment, plusieurs associations d’éditeurs, d’auteurs, de libraires et de bibliothécaires interpellent les politiques pour une réglementation au Québec sur le prix des nouveautés. Cette dernière offrirait la possibilité d’une remise maximale de 10% sur les nouveautés pendant une période de 9 mois. C’est maintenant fait connu que les libraires ont une santé financière de plus en plus fragile. Ceci est principalement dû à une sérieuse compétition inégale de la grande distribution qui vend à rabais (énormes parfois!) les best-sellers.

(Je me permets ici: plutôt long comme premier article, je sais! Mais il s’agit d’une situation préoccupante à laquelle il faut s’attarder… je vous invite donc à lire jusqu’au bout les amis!)

Comme amoureux des livres (je m’implique! Souhaitons que je ne serai pas le seul…), il est inconcevable de voir certaines librairies disparaître. Il me semble primordial, au Québec, que des libraires de différentes tailles puissent exister pour offrir au grand public le choix de livres le plus large et varié possible.

Bien entendu, cette réglementation n’implique aucunement qu’il n’y ait plus de livres dans les grandes surfaces (faut savoir faire la part des choses…). Cependant, nous voulons une égalité dans la mise en vente des nouveautés.

Maintenant, et pour appuyer mes propos, je vous invite à lire un communiqué de Gilda Routy, directrice à la division du livre chez Bayard, qui s’avère très impliquée avec l’ADELF:

C’est au nom du soutien de la diversité que le gouvernement de notre
province doit légiférer le plus rapidement possible sur une règlementation
du prix des nouveautés.
Diversité des œuvres publiées, diversité des auteurs, diversité des maisons
d’édition et bien sûr diversité des points de vente à travers la province.
Comme directrice d’une maison d’édition je suis inquiète de voir se fermer
des librairies, qui ne sont plus capables de faire face aux géants de la
distribution, pour qui le livre est un produit comme un autre. Où demain
pourront être vendus nos livres de fonds et les nouveautés qui ne sont pas
forcément des best sellers mais qui chacune à leur façon seront capables de
bouleverser un lecteur.
Soutenir la règlementation du prix des nouveautés c’est encourager les
jeunes auteurs, soutenir les nouvelles maisons d’éditions, favoriser la
relève en librairie, et maintenir vivante cette langue française qui nous
est si chère.
Gilda Routy

D’ailleurs, sur le site noslivresajusteprix.com, vous trouverez plusieurs autres témoignges.

Allons plus loin, compte tenu de l’importance de la situation! Je vous propose également un texte d’opinion cosigné par diverses associations et professionnels oeuvrant dans le milieu du livre:

Nos livres à juste prix
L’industrie se mobilise pour assurer l’avenir du livre au Québec
Au Québec, nous entretenons un lien privilégié avec nos créateurs, qui
incarnent la culture qui nous est propre. Le livre, première industrie
culturelle québécoise, emploie 12000 personnes et génère près de 800 M $
annuellement. Cette industrie est aujourd’hui gravement fragilisée par la
vente à rabais des best-sellers dans les magasins à grande surface et sur
Internet. Dans ce contexte, le milieu du livre se mobilise pour réclamer
d’urgence aux pouvoirs publics une réglementation du prix de vente des
nouveautés au Québec.
Sans protection, nous craignons une diminution de la diversité de l’offre
culturelle, ce qui signifie une offre moins variée pour le lecteur. En fait,
les grandes surfaces vendent les best-sellers à perte pour attirer la
clientèle dans les autres rayons de leur commerce. Si les libraires ne
peuvent concurrencer pour la vente des best-sellers, comment pourront-ils
survivre en gardant des inventaires de milliers de livres qui s’écoulent
plus lentement ?
La réglementation que nous réclamons permettrait non seulement de défendre
la vitalité et la diversité du livre au Québec, mais également de préserver
notre réseau de librairies qui est en situation précaire. La solution est
pourtant simple : vendre partout les livres à leur juste prix, c’est-à-dire
au prix normal, établi par l’éditeur pour les neuf premiers mois suivant
leur parution. Au-delà de cette période, le prix du livre obéirait aux lois
du libre marché.
* * *
La réglementation sur le prix des livres a fait ses preuves : une majorité
des pays de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques
(OCDE) a légiféré, notamment la France, l’Allemagne, le Mexique et Israël,
et vu leur industrie se consolider. À l’opposé, des pays comme la
Grande-Bretagne et les États-Unis, qui ont refusé de se doter d’une
réglementation, ont vu leur industrie se fragiliser, leurs réseaux de
librairies s’affaiblir et le prix moyen payé par les consommateurs augmenter
plus rapidement que dans les pays où il y a une législation.
Ces décisions ont prouvé leur raison d’être. À titre d’exemple, la Loi sur
le prix unique de 1981 fait désormais l’unanimité en France, où le réseau
des librairies a été sauvé dans l’ensemble des régions.
Pourquoi ne pas se doter d’une pareille réglementation, ici, au Québec ? Il
appert que, sans une législation, c’est la diversité et la richesse
culturelles du Québec qui sont compromises. Notre initiative est donc
nécessaire dans le domaine du livre puisqu’elle assure, à terme, l’accès à
la culture, en plus de permettre la pérennité de l’accès à notre histoire et
à notre langue.
Il ne fait aucun doute que nous avons le devoir de prendre urgemment des
mesures concrètes pour protéger à la fois nos auteurs et notre industrie du
livre. Nos organismes sont appuyés par de nombreuses personnalités du milieu
du livre et de la culture dont Michel Tremblay, Marie Laberge, Yann Martel,
Dany Laferrière, Tristan Demers, Jacques Godbout, Stéphan Bureau, Mireille
Deyglun, Jean-Jacques Pelletier, Robert Lalonde et Patrick Senécal, lesquels
soutiennent notre démarche et s’en expliquent sur la plateforme
noslivresajusteprix.com. Forts de ces soutiens, nous interpellons les
différents partis politiques et les pressons à prendre position en faveur
d’une réglementation sur les prix des nouveautés dans le domaine du livre et
ce sans délais.

Vous devez trouver tout ceci très sérieux, et avec raison! Je vous incite à soutenir cette démarche via la plateforme noslivresajusteprix.com.Au moment de la campagne électorale, n’est-ce pas un moment parfait pour que les partis politiques se positionnent sur ce dossier? Je pense que oui! En tant que consommateurs, parents, bibliothécaires, lecteurs, nous devons pouvoir profiter d’une grande diversité dans nos lectures… question d’être de véritables citoyens éclairés! Nous savons les uns et les autres qu’un livre peut sauver une vie!

Merci infiniment, chers blogueurs, de votre attention et implication dans ce dossier. Je le répète, je vous reviens sous peu pour vous partager une myriade de livres des plus étonnants!

Bavard Nicholas

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