MOI, SITTING BULL

TITRE : Moi, Sitting Bull

AUTEUR : Michel Piquemal

J’adore les romans historiques, surtout ceux qui traitent des Indiens d’Amérique du Nord. En lisant le plus récent ouvrage de Michel Piquemal, je me suis d’abord dit que je connaissais déjà l’histoire de Sitting Bull. Je me trompais mes amis! C’est fou comment il a su synthétiser en moins de 125 pages tous les grands événements qui ont marqué la vie de Sitting Bull, le plus célèbre chef qu’ont connus les Indiens Sioux Lakotas au 19e siècle, peut-être même jusqu’à ce jour.

Né sous le nom de Lent en 1831, il rêve de faire la guerre, comme tous les autres petits Lakotas. Remarquez bien que dans leurs cœurs, faire la guerre ne signifie pas tuer des ennemis, mais bien de prouver son courage à la tribu… chose qu’il saura faire!

C’est en participant glorieusement à une bataille contre les Crows qu’il obtiendra le nom de Sitting Bull, en hommage à sa grande bravoure : « Dans le monde des Esprits, rien n’est fait au hasard. Je sais depuis mon enfance que, si le nom du bison m’a été donné, c’est pour veiller sur mon peuple comme le Soleil-Bison veille sur les hommes. »

Je ne peux vous faire comprendre en peu de mots l’importance des rituels dans ce récit, ou plutôt devrais-je dire dans la vie des Indiens Lakotas. C’est d’ailleurs à la suite d’un rite mystérieux et qui semble des plus douloureux que le Grand Esprit, par la voix de l’aigle, lui confie le destin de son peuple… la tâche s’annonce rude !

Âgé de 26 ans, il sauve d’une mort certaine un Indien Hohe (tribu ennemie) et l’adopte. Ils sont désormais et pour toujours des Hunkas, frères-amis (triste, mais vrai, ce jeune homme trouvera la mort en essayant de défendre Sitting Bull lors de son assassinat).

Vous mettrez peu de temps à comprendre ce qu’est un chef pour Sitting Bull :

« Un chef n’est pas seulement un guerrier. C’est aussi quelqu’un qui aime son peuple et sait pardonner à ses ennemis. Il doit être un homme de paix autant qu’un homme de guerre. »

Avec ses responsabilités viennent les négociations avec ces humains qui envahissent leurs territoires, principalement à la recherche de ce métal jaune qui rend fou (et dire que c’est l’homme blanc qui traite l’homme rouge de sauvage!). Bien entendu en découlent des guerres contre les Wasichous, les hommes blancs (notre chef Lakota est un homme de patience, mais gare à ceux qui mènent ses nerfs à bout!).

Rendu plus âgé, Sitting Bull a une sorte de révélation :

« Je sais que je vais bientôt mourir, tué par mes propres frères. L’alouette, qui parle la langue des Lakotas, me l’a dit. Cela ne me rend pas triste. L’important est que je meure brave, au cœur du combat, sur la terre de mes ancêtres. Je n’ai rien à me reprocher. J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour guider mon peuple, comme la vision de l’aigle me l’avait ordonné. Je n’ai jamais reculé, jamais baissé les bras… J’ai mené les miens sur la route du courage, mais le Grand Esprit a voulu que nous devenions comme un îlot d’Indiens au milieu d’un lac de Blancs. »

Comme l’alouette l’avait prédit, Stting Bull sera assassiné par la police indienne du camp, le 15 décembre 1890.

Je vous conseille de lire cette histoire haletante, excitante et parfois éprouvante. L’ouvrage de Michel Piquemal se veut un roman historique, mais se lit comme un roman d’aventures. Le lexique expliquant les mots Lakotas, ainsi que les repères historiques à la fin ne font qu’enrichir le contenu déjà étoffé de ce récit épique.

Roman pour lecteurs intermédiaires et adolescents

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