Nouvelle littéraire de Alexandrine – Maison Dauphine à Québec

Le rôdeur

Déjà au dépanneur du coin, je le vois s’intéresser à moi. Il m’épie tel un espion sur la piste

d’un malfaiteur. Il me talonne sans relâche. La frayeur s’empare de moi tranquillement. Je zigzague dans les rues, espérant qu’il ne me suive pas. Je le perçois sans cesse derrière moi. Il

avance paresseusement suivant mes pas. J’espère réussir à le semer, mais il est toujours là.

Enfin arrivée chez moi, je suis nerveuse, très nerveuse même. Je le sens qui m’épie encore.

J’entends alors un bourdonnement insolite, c’est lui! Il est là! Je me retourne très lentement,

sans mouvements brusques. Je suis maintenant vis-à-vis cet être acharné et vorace qui avance

vers moi doucement comme un murmure.

Je dois faire face à la situation, ma patience a ses limites. Je lui crie brutalement : « Va-t’en!

Sors de chez moi, sale vagabond! » Il ne veut rien entendre. Je tente tout en mon possible; je

l’asperge de poivre de Cayenne, le frappe, lui lance mes souliers… Rien à faire, il est

inébranlable.

J’ai les nerfs à vif. Je ne sais plus quoi faire pour qu’il me laisse en paix. Je me sens piégée.

Soudainement, je perçois un signe de faiblesse de sa part, une impulsion subite s’empare de

moi. En un instant, je le maîtrise et d’un mouvement brusque et fougueux, je le tue de mes

mains. Il ne me harcèlera plus jamais. C’en est fini de ce putain de maringouin!

Alexandrine Duclos

2e cycle de la formation aux adultes

Classe de Céline Brulotte

Maison Dauphine

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