Réactions d'une lectrice

Métal Mélodie, Maryvonne Rippert, Éditions Milan, Macadam, 2010

 Luce, une adolescente gothique, vit sa crise en s’éloignant de sa mère, qui l’a élevée seule. Sans vraiment le réaliser, elle la blesse et la pousse à s’éloigner. Un jour, Luce retrouve une lettre lui annonçant que sa mère part en Australie pour une période indéterminée. Abasourdie, elle réagit en faisant une méga fête chez elle, qui s’annonce hors de contrôle assez rapidement (une vieille sans abri s’incruste même chez elle). Mais une fois remise de la soirée, sa mère commence à lui manquer. Elle enquête alors sur le cachet de poste de la lettre et découvre qu’elle a été envoyée d’Espagne. Elle découvre également que l’itinérante s’avère être sa tante. Elle vit aussi quelques problèmes de coeur avec son voisin. En résumé, rien ne va plus. Elle décide de partir à la recherche de sa mère, elle apprend des choses surprenantes sur elle en se rendant à Paris, elle va ensuite en Espagne et vit d’abord une expérience difficile, mais elle décide de persévérer et travaille dans un café. Elle rencontre un bel espagnol musicien qui lui fait tourner la tête, son séjour se transforme totalement, si bien qu’un jour elle croit apercevoir une femme drôlement habillée, mais qui ressemble a sa mère, elle se renseigne et apprend qu’il y a un monastère bouddhiste, qu’il est fermé au public, mais tente quand même sa chance. Elle y découvre une situation qui la réconcilie avec sa mère.

 J’ai trouvé captivante l’histoire d’amour espagnole très exotique. Le début était plus heavy, mais il semble assez proche de certaines réalités urbaines. Le final est touchant, notamment avec les retrouvailles mère-fille. Un livre mature destiné aux ados.

Julie Chaput

 Le chant des orques, Antje Babendererde, Éditions Bayard jeunesse, Millézime, 2003

Sofie, une jeune fille allemande, a perdu sa mère. Son père lui propose de l’accompagner pour son travail de photographe de la nature sur la côte ouest-américaine, dans la tribu Makah, qui vit au bord du Pacifique. Ce voyage est une tentative de rapprochement entre la fille et son père, qui ne sont pas très proches, vu les fréquents déplacements demandés par son travail. Arrivés dans le petit village de Neah Bay, ils s’installent dans un petit motel tenu par une femme amérindienne et son fils. Sofie est abordée par Yavid, qui la compare à la femme de feu, personnage de leur mythologie ancestrale. Elle découvre son premier amour en sa compagnie, et il l’a fait participer à l’ornement du canoë fabriqué à la manière des anciens, avec les animaux symboliques de la tribu. Au cours de son aventure, elle apprivoise une famille d’orques lors de ses sorties nocturnes en zodiaque, affronte une tempête sur l’océan, et apprend même à conduire une voiture! Son père est inquiet pour elle, mais rencontre une photographe et s’en amourache. Sofie trouve que c’est bien rapide après la disparition de sa mère, mais apprend à connaître la nouvelle élue. Elle expérimente beaucoup de choses lors de ce séjour, et la veille de son départ, elle assiste à la grande fête réunissant les tribus de la mer. Malgré son désir de rester avec Javid, elle reprendra le chemin de l’Europe.

 J’ai aimé découvrir les rites d’une tribu amérindienne, confrontée à la modernité. L’auteur raconte aussi bien les sentiments vécus par sa jeune héroïne. La relation père-fille y est bien exploitée. J’ai été également surprise par les scènes d’intimité détaillées.

Julie Chaput

 Un lilas pour toi, Laura Hillman, Bayard jeunesse, Millézime, 2005

 Encore une fois, j’ai été surprise par le degré de maturité de ce livre destiné aux adolescents. Il faut croire que je les prenais pour des bébés! Bien sûr, ce récit relate des atrocités de la IIe Guerre mondiale, sujet très exploité, surtout quand j’ai vu que ça parlait de la liste de Schindler. Comme j’avais vu le film, j’ai pensé : « Je connais déjà ça, le journal d’Anne Frank et les autres. » Mais finalement, il a valu la peine d’être lu. J’ai même trouvé qu’il manquait de détails, mais peut-être à cause du public visé il se doit d’être concis. Il m’a semblé qu’il y a des périodes pendant ces trois années dans les camps, qui ont été passées sous silence.

 C’est intéressant de voir comment elle a vécu, ou plutôt survécu à ces épreuves. Grâce à l’amour, elle a tenu bon. L’amitié est aussi présentée, comme un baume sur les blessures, l’espoir qui finit toujours par vaincre.

Julie Chaput

 La face cachée de Luna, Julie Anne Peters, Milan, Macadam, 2004

Roman traitant d’un sujet assez inconnu pour moi, mais qui ne m’attirait pas particulièrement. J’ai découvert l’univers d’un jeune transsexuel qui cherche à s’affirmer. Il rencontre toute sorte de problèmes, avec son père notamment, sa copine. Mais le livre parle surtout de sa sœur, de leur relation très proche. J’ai eu un peu de mal à me situer étant donné que l’histoire se passe aux États-Unis, mais traduit en français avec les expressions de France. Dans l’environnement du lycée, les centres commerciaux, fête rave dans une grange de campagne…

Mais la narration des émotions que ressent Regan, la sœur, est très bien faite. Elle est prise dans un maelstrom d’amour/haine envers son frère, qui est une fille. Une séparation douloureuse semble alors inévitable. Nous les suivons pendant leurs escapades ou Liam (Luna) veut s’afficher publiquement en fille, au restaurant, au lycée, et même à la maison devant la famille. Les réactions sont violentes.

 Ce livre fait réfléchir sur notre conception de l’identité sexuelle si souvent prise pour acquise. Parallèlement, Regan rencontre un petit ami et essaie de se forger sa propre identité, même si elle est liée à sa sœur. Bref, une vision du monde que l’on rencontre moins souvent.

Julie Chaput

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